Lettre n°10

À LA UNE

La passerelle : un projet novateur pour le Foyer de vie et le Foyer d’hébergement

L’ORIGINALITÉ DE CETTE COHABITATION ENTRE LES DEUX FOYERS EST DE CRÉER UNE NOUVELLE DYNAMIQUE ET UNE SYNERGIE POUR UNE FLUIDITÉ DES ACCOMPAGNEMENTS.

Handi Val de Seine, à la demande du conseil départemental, travaille depuis de nombreuses années sur ce qu’on appelle le projet « La passerelle » qui consiste en la reconstruction du foyer d’hébergement Jacques Landat d’Hardricourt, créé en 1988, avec l’accueil dans les nouveaux locaux des résidents du foyer de vie, situé aujourd’hui au troisième étage de la MAS Léon Herz à Ecquevilly. Ce beau projet est en phase de finalisation et déjà les personnes accueillies qui vivent dans des locaux datant de 1988, en discutent et sont excitées de penser qu’elles vont pouvoir vivre dans un habitat neuf. Mais elles ont aussi été informées qu’il faudra encore attendre car cela nécessitera quatre années entre la démolition des anciens locaux et la reconstruction, si l’on ajoute la phase administrative. D’ici là, il faudra obtenir les financements du conseil départemental.

« C’est un projet sur lequel nous travaillons depuis 2010 et nous approchons de la signature. Nous en sommes à peaufiner le projet pour respecter un budget serré», estime Nathalie Tessier, la directrice du foyer d’hébergement qui espère que le projet sera lancé rapidement.

En quoi ce projet est-il novateur ?

L’enjeu est de taille car en regroupant les deux entités foyer de vie et foyer d’hébergement, ce projet novateur qui propose un hébergement souple et évolutif veillera au bien-être et à l’épanouissement des personnes porteuses de handicap, qu’ils soient travailleurs ou non. C’est également la perspective d’une offre d’accompagnement individualisé dans laquelle les personnes accueillies au sein du foyer d’Hébergement pourront puiser. L’objectif pour les professionnels étant de « fluidifier les parcours ». Ce qui signifie que rien ne sera figé et qu’un usager, selon son état de santé ou son degré d’autonomie pourra évoluer sur un autre lieu d’habitat où l’accompagnement lui conviendra le mieux. Ainsi, le parcours vers l’autonomie pourra se faire progressivement. Le passage sera également possible entre les deux foyers dès lors que la personne quitte son emploi en raison de son état de santé et qu’elle a besoin d’être accompagnée dans son parcours de vie. Ce qui est novateur aussi ce sont les possibilités de mutualiser des moyens, en fonction de la multitude des problématiques rencontrées (les sorties de week-ends ou la possibilité pour un travailleur à temps partiel de bénéficier d’un accompagnement en journée, par les deux équipes…).

7 places supplémentaires pour le foyer de vie

Ce nouveau foyer d’hébergement a été conçu sur trois niveaux. Un premier étage de 15 places pour le foyer de vie, attribuées à des personnes non autonomes, hébergées dans des chambres individuelles avec possibilité de communication entre elles si ce sont des couples. L’intimité des personnes sera garantie. L’accompagnement sera renforcé et ces usagers pourront trouver une écoute en continue : apprentissage de la gestion de soi, maintien des acquis, réalisation d’activités ludiques, sorties dans la journée… Les 2ème et 3ème étages seront réservés aux personnes du foyer d’hébergement avec un panel d’habitats collectifs comme individuels de type studios, pour les personnes les plus autonomes. Le travail éducatif consistera au maintien dans l’emploi et si besoin à l’accompagnement vers l’accès aux loisirs et aux équipements de la vie citoyenne. Ces usagers bénéficieront d’une entrée personnalisée. Au rez de chaussée, les espaces collectifs seront mutualisés et accueilleront 28 personnes du foyer de vie sur des ateliers éducatifs. Ils pourront participer en fonction de leur projet individuel, selon leur souhait. Les usagers du foyer d’hébergement pourront également bénéficier de ces espaces mutualisés.

Une capacité d’accueil de 58 places

Il y aura 30 places pour le foyer d’hébergement, réparties sur deux étages où l’on trouvera des studios d’une personne ou pour des couples. Le foyer de vie comprendra 15 internes, 13 externes, soit sept places supplémentaires. « Cette cohabitation entre les deux foyers garantira une nouvelle dynamique et une synergie qui devrait optimiser la fluidité des accompagnements », remarque la directrice. Cette résidence présentera de nombreux avantages dont une excellente localisation en centre-ville, près des petits commerces, de la gare qui favorisera l’insertion dans la ville d’Hardricourt, l’une des communes du Syndicat intercommunal.

 

Nathalie Tessier, directrice du foyer d’hébergement Jacques Landat

« La passerelle sera un projet et un lieu novateur au sein duquel chacun pourra évoluer en fonction de son équilibre et de son autonomie, d’un côté ou de l’autre du site en fonction de son besoin de prise en charge. L’expérience nous a montré que le regroupement des usagers du foyer de vie et du foyer d’hébergement dans un même lieu est réalisable. Lors des inondations en juin dernier, nous avons dû en urgence être relogés au sein du foyer de vie à Ecquevilly. Les usagers et les équipes se sont bien entendus et la cohabitation a pris tout son sens. Cette expérience a été très positive pour le projet et nous avons travaillé en étroite collaboration avec le directeur du foyer de vie, Xavier Pierre pour que ce nouveau lieu de vie soit adapté aux deux publics. »

 

Questions à

Virginie Dechanciaux

DIRECTRICE QUALITÉ D’HANDI VAL DE SEINE

En quoi consiste ce nouveau poste ?

Ce poste de directeur de la qualité a été créé au moment de la restructuration associative du siège d’Handi Val de Seine, afin de l’étoffer et de le structurer, mais personne ne l’occupait. Directrice du foyer d’accueil médicalisé, le FAM de Limay depuis 2012, je me suis formée en tant que responsable qualité et évaluatrice externe et j’ai obtenu la certification AFNOR en 2015. Suite à cela, je me suis positionnée car je souhaitais passer d’une logique d’établissement à une logique associative. L’intérêt de mes nouvelles missions c’est que beaucoup de choses sont à créer.

Qu’est-ce que la qualité pour Handi Val de seine ?

La qualité c’est d’être dans une logique permanente d’amélioration de la réponse aux attentes et aux besoins des usagers. C’est également la conformité avec nos obligations réglementaires. Ces obligations sont croissantes et l’actualité réglementaire étant très chargée, il est difficile pour un directeur d’être toujours au point. L’idée c’est d’être en veille et en appui des directeurs d’établissements. Un autre aspect du poste est de promouvoir les droits des usagers. La qualité c’est une vraie mission transversale et avec l’expérience de ces derniers mois dans la fonction, je constate avec plaisir les liens étroits que j’ai pu tisser avec la direction des ressources humaines, la direction financière, la direction des services généraux… La qualité est au croisement de tous les secteurs. Elle entre en résonance avec les autres dimensions et réciproquement.

Quelle est l’actualité de la qualité ?

Ce qui nous occupe, c’est le pilotage de la deuxième campagne d’évaluation interne afin qu’il y ait une cohérence associative de la démarche. Nous allons mettre en place avec les directeurs des plans d’amélioration continue de la qualité. Et une fois que les plans existeront, il va falloir les mettre en oeuvre. Ce qui m’occupe également c’est la gestion des événements indésirables graves. Ils nécessitent une prise en compte particulière. Par exemple, afin de faciliter la communication avec l’Agence régionale de santé (ARS) et le conseil départemental sur les événements indésirables graves, nous avons mis en place une procédure qui heureusement ne nous sert pas tous les jours ! Je ne suis pas obnubilée par les procédures. L’urgence est à la pensée et non pas à la procédure. Mon objectif est d’apporter un regard différent, plus distancié aux directeurs. Je viens en soutien, en conseil. Je ne fais pas d’ingérence, je connais les responsabilités, les difficultés de gestion d’un établissement.

Quel est notre atout à Handi Val de Seine ?

Nous avons autant le souci du bien-être de l’usager que du bien être du salarié et l’un ne va pas sans l’autre, c’est notre culture à Handi Val de Seine. *Virginie Dechanciaux a également un versant développement dans ses missions qui l’amène à travailler sur les grands projets pour la réponse aux appels à projet comme celui de la future plate-forme interdépartementale 78/92.

ZOOM

Connaissez-vous le Makaton ?

Le makaton, c’est un programme d’aide à la communication qui combine la parole, les signes, issus de la Langue des signes française et les pictogrammes. Ce langage augmenté ne se substitue donc pas à la parole bien au contraire, les gestes et visuels viennent renforcer le langage oral. Au Centre d’action médico-sociale précoce, le CAMSP des Mureaux, toute l’équipe connaît et a été formée*. Les professionnels l’utilisent au cours de leurs prises en charge individuelles et en groupe. Dans l’établissement une signalétique a été installée avec de nombreux pictogrammes pour faciliter la vie des enfants et de leurs familles. Le Makaton est devenu une manière naturelle et spontanée de communiquer avec les enfants en difficultés. Quatre groupes Makaton ont été constitués pour les enfants et un groupe pour les parents. Il « s’exporte » également dans les maisons, les crèches et les écoles par l’intermédiaire de classeurs de communication ainsi que par la transmission des signes par les familles et les professionnels. Après deux années de recul dans la pratique quotidienne du Makaton, le CAMSP constate des bénéfices manifestes dans de nombreux domaines : attention, comportement, relation à l’autre, articulation, phonologie, vocabulaire, syntaxe et possibilités de compréhension. Un Bulletin d’information Makaton (BIM) a même été créé où chaque semaine un professionnel prépare une phrase accompagnée des signes du Makaton reprise par toute l’équipe en réunion. Cette belle dynamique permet de continuer à se former ensemble. Et cet enthousiasme est particulièrement contagieux car les parents eux-mêmes en font à leur tour la promotion auprès des familles.

*Le mouvement a été initié en 2010 par Andréa Köncke, une éducatrice spécialisée. Il s’est généralisé depuis 2014 par le biais d’un programme de formation en intra.

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