Lettre n°11

À LA UNE

Un foyer de vie ouvert sur le monde

Le foyer de vie d’Ecquevilly occupe le dernier étage du bâtiment de 5000 m2 qu’il partage encore avec la maison d’accueil spécialisée Léon Herz. Un déménagement est prévu dans la nouvelle structure qui sera construite à Hardricourt et où il cohabitera avec le foyer d’hébergement. Situé dans un parc de 4 hectares et demi, en plein coeur du village, il a été créé en 1998. Il accueille 21 jeunes adultes (parmi eux 11 internes) qui viennent d’IME, d’ESAT, de la SAS. Ils disposent d’une relative autonomie dans la réalisation de leur projet de vie et le foyer a pour mission de les accompagner. Le foyer de vie les aide à développer et maintenir leurs capacités physiques, sociales pour leur épanouissement personnel dans le respect de leur intégrité et de leur vie de citoyen. Il partage avec la MAS de nombreux équipements de pointe : balnéothérapie, salle snoezelen, salle de défoulement… Il est composé d’un espace internat, d’une salle de restauration, d’une cuisine thérapeutique ainsi que d’un espace éducatif avec des salles d’activités, de relaxation, d’informatique… « L’un de nos objectifs est d’inscrire notre action et les projets de vie de chaque personne dans l’environnement social local, » remarque Sabine Huet, chef de service éducatif. « C’est ainsi, qu’ils peuvent trouver en sortant de la structure de nombreuses activités en lien avec leur projet. Pour certains bénéficiaires qui pourraient être frustrés de ne pas pouvoir intégrer un ESAT et être productifs, on trouve avec eux des activités qui leur conviennent et qui se rapprochent du monde du travail. » Ils proposent des ateliers comme, par exemple, la réparation de vélos, le tri pour la brocante de livres ou de linge, en collaboration avec l’association La Gerbe, dont le siège est situé dans la zone d’activité du Petit Parc à cinq minutes à pied. Les résidents s’y rendent par petits groupes afin de pouvoir travailler en autonomie.

C’est ainsi, par exemple, que Thomas, David, Karim, Amélie… se déplacent avec plaisir tous les quinze jours au local de cette association à but humanitaire, pour les aider de 14 h à 16 h. « Ils se sentent valorisés et surtout utiles. Sortir, faire de nouvelles rencontres, échanger avec d’autres personnes, c’est très important pour eux, » ajoute Sabine Huet. Ateliers théâtre, musicothérapie… une fenêtre sur la vie Les activités artistiques aussi trouvent facilement leur place dans leur emploi du temps de la semaine. C’est avec enthousiasme que les personnes du foyer de vie s’expriment grâce aux ateliers théâtre, comme dans la majorité de nos établissements, notamment le foyer d’accueil médicalisé de Limay, l’institut médico-éducatif des Mureaux en direction des plus jeunes. Ils ont travaillé trois ans avec Jean-Luc Gesquière, le directeur de la compagnie du Butor, non pas pour en faire des comédiens, mais pour les amener à exprimer leur créativité. Et le moins que l’on puisse dire c’est que ça fonctionne. Cela a donné lieu à un spectacle avec représentation publique en juin 2016. Auparavant, ils ont pu s’entraîner à la comédie musicale et au cirque avec l’aide d’une danseuse et chorégraphe de l’association Cirqu’envol. 

Les bénéficiaires du foyer travaillent actuellement pour présenter un spectacle qui aura lieu au FAM de Bures le 5 septembre prochain. Ces ateliers ouverts ont lieu tous les jeudis matin de 11 h à 12 h sur la base du volontariat avec ceux qui souhaitent se produire sur scène. D’autres trouvent ça stressant ou même angoissant d’aller sur scène, leur choix de ne pas participer est donc respecté. Un stage de théâtre leur a été proposé en vue de la préparation du spectacle qui est très valorisant pour eux. Il y a aussi la possibilité d’intégrer la troupe Managroup qui monte des spectacles tous les ans avec des personnes porteuses de handicap et qui répète régulièrement. Cette année la pièce « Vents contraires » a été très remarquée lors de la prestation de la semaine de sensibilisation aux handicaps à la Médiathèque des Mureaux (voir article zoom page 3). Dans le domaine musical, des ateliers percussions sont proposés avec l’intervention de Nicolas Bloch, un musicien professionnel dont le travail sera présenté lors du Forum solidarité à Aubergenville, en septembre prochain, à la maison des associations. « Avec les percussions, je travaille sur la motricité et la concentration et j’ai le plaisir de constater de semaine en semaine qu’ils font des progrès. C’est un moyen d’expression très intéressant pour eux. Un dialogue rythmique s’installe petit à petit. Certain ont un sens du rythme assez extraordinaire. C’est une belle découverte chaque semaine pour moi. J’adore donner du plaisir à mes élèves résidents du foyer et de voir en retour les sourires aux lèvres, c’est très satisfaisant. C’est aussi une façon de travailler le lâcherprise à travers l’improvisation. » Des activités sont mutualisées avec la maison d’accueil spécialisée, située dans le même lieu, qui utilise également la musicothérapie comme source d’expression afin de libérer leurs émotions et où s’exprime leur joie. Pour le foyer de vie, l’objectif est de proposer de nombreuses possibilités d’épanouissement qui ne se limitent pas à la culture mais qui représentent une véritable ouverture sur le monde : équitation, randonnée, sorties, ateliers cuisine, mosaïque… pour que ces personnes fragilisées puissent choisir leur activité en toute liberté, en fonction de leur projet de vie.

Questions à

Isabelle Bourgeon

DIRECTRICE DES RESSOURCES HUMAINES À HANDI VAL DE SEINE

Quelle est la spécificité de la politique rh d’Handi Val de Seine ?

Dans notre secteur, tout le monde comprend bien le sens du travail et chacun sait « pourquoi » et surtout « pour qui » il vient travailler. C’est très motivant et cela se ressent sur la politique RH à mettre en oeuvre. Nous essayons d’accompagner au mieux les salariés : en améliorant les conditions de travail car nous savons que certains métiers sont difficiles physiquement et émotionnellement, en proposant des formations, en veillant à la qualité de vie au travail …

Pouvez-vous nous donner quelques chiffres importants ?

Handi Val de Seine, c’est plus de 400 salariés en CDI et de nombreux salariés en CDD, surtout sur les établissements en internat. En 2016, par exemple, il y a eu 74 embauches en CDI. En termes de formation, ce sont plus de 22 000 heures de formation en 2016 avec 84 % des salariés en CDI qui en ont suivi au moins une sur l’année. Les salariés sont souvent très motivés et il y a une vraie culture « formation ». Les gens ont envie d’évoluer, d’apprendre. Et nous avons la chance d’avoir des budgets qui permettent d’organiser beaucoup d’actions. Pour les choses à améliorer, cela concerne le taux d’absentéisme (près de 10% pour l’Association) et le nombre d’accidents de travail (54) qui sont toujours trop élevés. Et puis parfois, on aimerait pouvoir augmenter les salaires et mieux reconnaître le travail de nos salariés mais comme les salaires sont fixés par la convention collective et que les budgets donnés par les autorités publiques sont très serrés, on ne peut malheureusement pas faire grand chose. Pour cela, nous essayons de trouver d’autres moyens pour améliorer les conditions d’emploi : proposer une bonne mutuelle à un tarif raisonnable, mieux organiser le temps de travail quand cela est possible, proposer des logements à travers le 1 % logement, etc. Le comité d’entreprise est également très actif et offre des prestations intéressantes aux salariés.

Comment est organisé le service rh et comment fonctionne –t-il ?

Le service RH est composé de trois personnes dont deux à temps partiel : la DRH et deux chargées de mission RH. Katia est plutôt en charge de la partie « recrutement et embauche » et Sophie de la partie « formation et instances représentatives du personnel ». Comme dans d’autres associations de cette taille, ce n’est pas toujours évident car nous sommes peu nombreuses au sein du service et nous avons beaucoup d’obligations légales à remplir. Mais nous sommes vraiment impliquées et puis nous partageons les missions liées à la gestion des ressources humaines avec les équipes de direction des établissements et les référents RH qui sont de bons relais. Et heureusement que nous travaillons bien avec les établissements ! L’un de nos objectifs, c’est de faciliter leur quotidien en leur proposant des outils opérationnels. Nous échangeons beaucoup à travers des réunions ou des groupes de travail et c’est toujours très enrichissant car cela nous permet de rester au contact du terrain.

Quels sont les projets en cours ?

Cette année, nous avons deux gros sujets : la qualité de vie au travail et les élections du comité d’entreprise et des délégués du personnel. Pour la qualité de vie au travail, nous avons lancé un questionnaire il y a quelques mois et nous allons maintenant réfléchir à un plan d’action pour améliorer les points négatifs et renforcer les points positifs. Ce qui ressort, c’est que nous avons de bons managers de proximité, que les salariés sont motivés, qu’ils aiment leur établissement et sont passionnés par leur métier. C’est plutôt une très bonne nouvelle ! En octobre, ce sont les élections du comité d’entreprise et des délégués du personnel. Comme nous accordons beaucoup d’importance au dialogue social, nous espérons avoir des candidats motivés. Et cette année, Handi Val de Seine se modernise en mettant en place le vote électronique. Alors j’en profite pour faire un appel aux salariés : n’hésitez pas à être candidat et n’oubliez pas de voter !

ZOOM

Une semaine pour sensibiliser aux handicaps

Handi Val de Seine Association de Gestion s’est associée au CCAS de la ville des Mureaux pour l’organisation d’une semaine de sensibilisation aux handicaps du 6 au 12 juin dernier avec les associations et partenaires qui oeuvrent dans le domaine : UNAFAM, GEM, Valentin Haüy, pôle autonomie territorial, association de myopathie ou des paralysés… Sur le thème « avec nos différences nous avançons dans la même direction », étaient proposées de nombreuses activités sportives et artistiques, des vols en avion avec l’aéroclub Paul-Louis Weiller, des olympiades pour les jeunes, du cinéma, des ateliers d’initiation au braille, des ateliers lecture en famille au CAMSP. Le thème de la différence a été abordé à travers des chants et des histoires, du Kamishibai, technique japonaise basée sur des images qui défilent dans un petit théâtre en bois. Handi’Village proposait également une immersion dans le monde du handicap avec différents stands d’informations. Mais c’est la compagnie Managroup qui avec « Vents contraires », sa nouvelle création et ses 38 acteurs et danseurs, souffrant de handicap ou non, a fait l’unanimité avec 300 personnes sur deux jours et quatre représentations à la salle de la Médiathèque. Un spectacle qui mêle la musique et la danse, qui parle d’immigration, du rejet et des difficultés à trouver sa place dans le monde lorsqu’on est « différent ». C’est le fruit du travail d’une année avec Jean-Luc Gesquières, metteur en scène et Nicole Ponzio chorégraphe avec nos résidents du Fam de Limay et de nos établissements qui sont volontaires pour jouer. « Managroup c’est ma vie ! » lancent-ils avec le sourire aux lèvres, satisfaits après tant d’applaudissements sont venus couronner leur travail. Ce spectacle a également été présenté lors du festival « DeNousZavous » à la nouvelle réserve à Limay le 24 juin. Bravo nos artistes !

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