Lettre n°13

À LA UNE

La plateforme de services : des réponses au besoin d’autonomie

Handi Val de Seine vient d’inaugurer sa Plateforme de services à Epône. Trois services innovant set complémentaires regroupés en un seul lieu pour un accompagnement en milieu ouvert de 250 personnes en situation de handicap.

« L’originalité de la plateforme de services, c’est qu’elle est destinée aux adultes en situation de handicap, vivant dans le milieu ordinaire en dehors des institutions, afin de les accompagner dans leur évolution, au rythme du temps, des aléas de leur vie et en fonction de leur pathologie, de leur handicap, en respectant leur désir d’autonomie… » C’est ainsi que Hubert François-Dainville, président d’Handi Val de Seine, a présenté les trois services, inaugurés le 13 décembre, en précisant qu’il s’agissait d’un accompagnement médico-social ambulatoire de proximité. C’est un accompagnement médico-social pour les personnes adultes en situation de handicap (différent selon le service), vers plus d’insertion dans une vie sociale ordinaire.

Cette plateforme a pu voir le jour grâce à la réponse positive à un appel à projet en 2015. C’est la création et le regroupement dans un unique lieu d’un service d’accompagnement médico-social pour adultes handicapés (SAMSAH) de 30 places, d’un centre d’accueil de jour (CAJ) de 20 places, autour d’un service d’accompagnement à la vie sociale (SAVS), déjà existant, de 80 places dont 30 dédiées aux personnes en situation de handicap psychique. Ces trois services qui constituent la Plateforme sont situés dans des locaux rénovés de 800 mètres carrés à Epône, au sein de la zone d’activités de la Couronne des Prés.

Lors de son discours le jour de l’inauguration, Madame Marie- Hélène Aubert, vice-présidente du conseil départemental, déléguée à l’autonomie, a constaté que c’était « une avancée extraordinaire pour la prise en charge du handicap psychique avec 100 places supplémentaires. C’est beaucoup, mais ce n’est pas au détriment de la qualité, car nous avons été très exigeants au moment de l’appel à projet» a-t-elle précisé. « Il faut pouvoir être attentif au projet de vie et c’est ce qui nous avait beaucoup marqué dans votre présentation » a-t-elle dit, en s’adressant au Président Hubert François- Dainville. Elle a mis en avant « les qualités humaines de Handi Val de Seine » ainsi que « le bon réseau de partenaires qui permet une transversalité, l’optimisation des coûts. C’est ce qui nous a convaincus. Le résultat est là, nous en sommes tous ravis,» a conclu Madame Aubert. Guy Müller, maire d’Epône, a remercié Handi Val de Seine pour son engagement au service des plus fragiles. « Les actions, que vous menez au quotidien avec détermination, s’inscrivent dans la politique de handicap de la ville. Un travail qui traduit la fraternité, l’écoute et le respect de l’autre,» a-t-il précisé. Une journée porte ouverte a permis au public de visiter les locaux et de profiter de l’accueil chaleureux que leur avait réservé les équipes et la directrice, Vittoria Jung, dont le rôle est de veiller à la cohérence du fonctionnement de la plateforme, au sein du projet associatif de Handi Val de Seine.

Le SAVS

Permet à la personne accompagnée de vivre en milieu ordinaire selon son projet de vie et de développer, maintenir ou soutenir ses capacités d’autonomie pour favoriser son insertion sociale.

Le SAMSAH

Contribue à la réalisation du projet de vie de la personne handicapée psychique par un accompagnement médical, paramédical et social adapté à ses besoins en proposant les moyens nécessaires pour vivre le mieux possible à domicile et dans la cité.

Le CAJ

Accueille et accompagne les personnes dans leur projet d’avenir en leur proposant des activités réhabilitantes et socialisantes. Il permet également d’offrir aux aidants des temps de répit.

Hélène Le Bouquin, chef de service du CAJ

« Nous accueillons 20 personnes par demi-journée et nous leur proposons, en fonction de leur projet d’accompagnement personnalisé et des possibilités du territoire, diverses activités. Cela peut être du sport : randonnées, piscine, voile, ou des activités culturelles dont des sorties à Paris mais c’est aussi la possibilité pour eux de participer à de nombreux ateliers : cuisine, travaux manuels, etc. Cela leur permet de maintenir une vie sociale et pour leur famille c’est aussi un temps de répit. Le CAJ est une passerelle vers d’autres orientations comme les ESAT, les foyers de vie… »

 

Mme Catherine Lachesnaie, chef de service du SAVS

« C’est un nouveau départ pour le SAVS qui a 20 ans d’existence et qui est maintenant couplé avec un SAMSAH. Cela nous permet d’élaborer ensemble un travail d’accompagnement. L’arrivée du CAJ nous donne des possibilités pour des activités. Il y a des parcours possibles entre services de la plateforme. Nous avons aujourd’hui des personnes-ressources supplémentaires en faveur de notre public accueilli qui est, pour plus de la moitié, atteint d’un handicap psychique. Jusque-là, nous étions uniquement des travailleurs sociaux et aujourd’hui nous avons auprès de nous des experts sanitaires pour que les personnes puissent progresser dans leur parcours de vie. »

Catherine Foucon, chef de service SAMSAH

« Nous accompagnons des personnes présentant des troubles psychiques en leur apportant, en plus d’un accompagnement social, les compétences de personnels paramédicaux : aide-soignant, infirmier, psychologue, psychomotricien, médecin psychiatre… Notre travail, c’est aussi de coordonner tout le soin à l’extérieur pour que la personne accompagnée soit en situation d’être dans une vie autonome. »

 

Questions à

Jean-Marc Monguillet

PRÉSIDENT D’AUTISME EN ÎLE-DE-FRANCE

Qu’est-ce que Autisme en Yvelineset aujourd’hui appelé Autisme en Île-de- France ?

« Nous sommes une association de familles qui a trente ans d’existence dans les Yvelines et qui est spécialisée dans l’accompagnement des personnes autistes. Je suis président de cette association depuis 8 ans et moi-même parent. Dans les Yvelines, nous gérons un SESSAD basé à Noisy-le-Roi, un IME à Carrières-sous- Poissy et un Foyer de vie (qui va se transformer en Foyer d’accueil médicalisé) aux Alluets-le- Roi. Nous avons fusionné depuis janvier avec Autisme 75, une association de familles elle aussi, pour créer Autisme en Ile-de-France. En 2018, nous accueillons 300 jeunes et adultes de 3 à 60 ans, au sein de sept établissements, trois SESSAD, deux FAM et deux IME. »

Est-ce que l’autisme est difficile à définir ?

« Tout d’abord l’autisme ce n’est pas une maladie, c’est un handicap. On parle plutôt de troubles du spectre autistique et le spectre est très large : cela va de personnes dites Asperger, comme on a pu voir dans le célèbre film « Rain man », qui sont très intelligentes ou ultra compétentes dans un domaine mais totalement incapables de vivre en société, jusqu’à des autistes dits de Kanner, par exemple, non verbales avec comorbidités associées (épilepsie…). Toutes ces personnes sont autistes, mais très différentes et nécessitent un accompagnement éducatif grâce auquel elles peuvent acquérir des compétences et progresser en autonomie, mais on n’en guérit jamais.»

Quel est le rôle de l’association ?

« Nous proposons des prises en charge pour les personnes autistes, nous développons des structures et nous les gérons. Nous répondons aux appels à projet de l’ARS ou du Département quand ils se présentent. Nous gérons également des services à la personne pour aider les familles le plus tôt possible après le diagnostic, parce que plus un autiste est diagnostiqué tôt, plus il a de chance pour la suite. Il en est de même pour l’intégration à l’école, un droit depuis 2005 mais qui ne va pas toujours de soi, parce que c’est un apprentissage génial de l’autonomie et de la vie sociale : plus tôt on peut inclure les enfants à l’école mieux c’est. Nous proposons également des accompagnements à domicile ou dans des lieux scolaires avec les SESSAD. Quand on ne peut pas mettre les enfants à l’école, il y a la solution des IME. Ceux que nous gérons sont spécialisés dans l’autisme. Nous voulons proposer aux personnes autistes et à leurs familles « un parcours de l’autisme » qui, de l’enfance à la fin de vie, permette à chaque personne accueillie d’avoir un parcours de vie individualisé, digne et épanouissant, fondé sur l’acquisition d’une autonomie aussi complète que possible. »

Quel est l’intérêt d’un partenariat avec Handi Val de Seine ?

« Nous nous connaissons depuis longtemps avec le président Hubert François-Dainville car nous oeuvrons dans des domaines similaires. L’occasion s’est présentée de rapprocher nos deux associations autour de l’appel à projet pour la plateforme interdépartementale pour les handicapés psychiques et les personnes autistes. Nous avons pris la décision de répondre ensemble. Nous avons apporté sur ce dossier le meilleur de notre expérience et de notre expertise, à la fois sur l’accompagnement des personnes autistes et des personnes atteintes d’un handicap psychique, avec la force de l’implantation territoriale d’Handi Val de Seine. Quelle que soit l’issue de l’appel à projet, nous avons apprécié de travailler ensemble, et nous connaissons les passerelles entre les deux handicaps que nous pourrions travailler, telles que l’inclusion professionnelle ou les solutions d’hébergements du type de ce que vous avez déjà réalisé à Follainville-Dennemont. Tout cela a été très prometteur et pourra se poursuivre. »

ZOOM

Le GEM du Mantois : un espace de liberté citoyen

Un nouveau groupe d’entraide mutuelle (GEM) du Mantois vient d’être créé. L’originalité de ce dispositif, c’est qu’il regroupe un collectif de personnes avec des problématiques de santé similaires qui souhaitent se soutenir mutuellement dans leur démarche d’insertion sociale, professionnelle et citoyenne. Les membres doivent se constituer en association d’adhérents pour pouvoir être conventionné. L’objectif réside prioritairement en la gestion directe par le GEM de son activité, de ses moyens humains et matériels. Convivialité, échanges, rencontres, loisirs…, la force associative favorise l’accompagnement des membres dans l’exercice de leur citoyenneté. Elle sert de levier à l’émancipation. Les responsabilités exercées au sein de l’association révèlent les compétences, restaurent l’image des personnes et leur confiance en elles. Elles leur donnent également envie d’apprendre, de partager et surtout de se projeter dans l’avenir. L’association a le soutien d’un parrain qui est l’UNAFAM (Union nationale de familles et amis de personnes malades ou handicapées psychiques) qui tient le rôle de médiateur. Handi Val de Seine association de gestion qui crée les conditions de qualité et de sécurité du lieu et recrute le personnel. L’animateur du GEM, qui fait partie du Pôle d’accompagnement aux côtés de la Plateforme de services, SAVS, SAMSAH, CAJ d’Epône, ainsi que la résidence accueil de Follainville- Dennemont, est chargé aussi d’impliquer les adhérents dans des projets locaux, de faire le lien avec les partenaires, de valoriser et développer les capacités et les savoir-faire. La participation se fait sous forme de moments d’accueil informels où l’on partage un café, un repas confectionné par tous ou un simple temps d’échange. Le GEM se veut avant tout un espace où l’on peut prendre son temps sans contrainte. Ce n’est pas un espace thérapeutique mais plutôt un lieu de rencontre, un espace de liberté et de contact où la personne est un citoyen à part entière et non un patient. Ce lieu d’échange participatif vient d’ouvrir ses portes, au centre social rue Frédéric Chopin à Mantes-La-Jolie. Le GEM vous accueille de 9h à 17h.

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