Lettre n°14

À LA UNE

Le CPOM : une petite révolution ?

Ce contrat qui doit être signé le 1er janvier 2019, fixera la dotation de l’assoCiation Handi val de seine pour la qualité du service rendu aux usagers au travers d’objectifs à fixer sur les Cinq prochaines années.

Formidable opportunité pour les uns, contrainte pour les autres, le Contrat pluriannuel d’objectifs et de moyens, CPOM, est l’outil de mise en œuvre des politiques publiques qui s’appuie sur le programme régional de santé (PRS) et le rapport Piveteau. C’est le fameux « Zéro sans solution » qui avance l’idée d’un devoir collectif a n de permettre un parcours de vie sans rupture pour les personnes en situation de handicap. Handi Val de Seine travaille sur la préparation de ce futur contrat qu’elle signera avec les autorités de contrôle et de tarification (ARS et CD78).

Ce nouveau mode de financement et de contrôle des établissements médico-sociaux est rendu obligatoire par la loi de finances de la sécurité sociale de 2017. Cette contractualisation comporte plusieurs phases, dont la première, l’auto-diagnostic, en cours de rédaction qui sera remis à l’Agence régionale de santé (ARS) et au conseil départe- mental, le 30 avril. Il touche tous les domaines de notre activité et servira de base pour définir les objectifs prioritaires du contrat, comme par exemple celui de notre taux d’activité. Un comité d’orientation, un comité de pilotage et des groupes de travail dans chacun des établissements ont été créés. Handi Val de Seine a choisi comme méthode de travail de construire ce diagnostic en associant tous les établissements et le siège à travers chacune de leur direction.

La rédaction mutualisée du CPOM

A partir de septembre, nous rentrerons dans la phase de négociation du contrat. Le CPOM prévoit des objectifs clairs, assortis d’indicateurs qui seront définis en concertation avec l’ensemble des directeurs et en lien avec le projet associatif. La phase de préparation aura lieu jusqu’en novembre pour une signature le 30 novembre.

« Capacité d’anticipation, à faire des choix, à nous réorganiser avec une plus forte mutualisation des
établissements, sont les objectifs à suivre. La première préoccupation du directeur sera de réaliser l’activité sur laquelle il s’est engagé. Il y aura également deux comités de suivi sur les cinq années, » remarque la directrice de la qualité Virginie Dechanciaux. Le nouveau directeur financier, Laurent Surcin estime que « Le CPOM est une petite révolution. On passe d’une obligation de moyens à une obligation de résultats. Avant on demandait des moyens pour réaliser un projet, alors qu’aujourd’hui on va nous donner une enveloppe budgétaire, fixée par l’ARS et le Conseil départemental pour réaliser notre activité. On pouvait avoir des dépassements de dépenses couvertes par des sur dotations de l’ARS et du conseil départemental; dès 2019, ce ne sera plus possible. Je serai là pour guider et conseiller. Cela va nous obliger à repenser notre fonctionnement a n de pouvoir trouver le point d’équilibre entre les exigences financières dictées par les autorités de tari cation et de contrôle et les contraintes médico-sociales d’encadrement qu’exige la loi, » conclut le nouveau directeur très motivé.

Véronique Martinoli : ex-directrice administrative et nancière

« Ce CPOM est une formidable opportunité pour Handi Val de Seine. Cela permet de repenser et de se recentrer sur le cœur de notre métier, l’accueil des usagers. Cela nous oblige à redéfinir des objectifs stratégiques pour aller vers plus de qualité dans l’accompagnement. C’est réfléchir en terme « associatif » c’est-à-dire avoir une réflexion collective. Nous travaillons déjà en mode projet, depuis le début de la réflexion. Ces échanges pour réaliser l’auto-diagnostic sont très riches. Si tout le monde joue le jeu, le CPOM sera un bel outil, le fruit d’un travail collectif qui redonnera un élan et un dynamisme à l’association. Le changement est là, celui de raisonner de manière associative a n de répondre au mieux au dé lancé par les autorités de tari cation. C’est le prochain challenge d’Handi Val de Seine !

 

Questions à

Antoine Descamps

ÉDUCATEUR SPORTIF AU FAM

Pourquoi vous êtes-vous orienté vers le Handicap ?

« Après ma licence (STAPS) à la fac de sport, j’ai commencé à faire plusieurs stages notamment en collèges, mais je n’avais pas l’impression d’être utile, cela ne me convenait pas. J’avais envie d’apporter autre chose et je me suis spécialisé dans le sport et le handicap. Je pense que c’est plus valorisant de s’occuper de personnes en situation de handicap. J’avais aussi un grand-père hémiplégique, c’est ce qui a dû me motiver, comme un défi à relever. »

Qu’apporte le sport ?

« Pour les plus jeunes ou les sédentaires, ça leur permet de progresser sur de nombreux aspects tant physiques que psychiques. Cela agit sur le renforcement musculaire, l’assouplissement, l’endurance… et en parallèle, cela favorise la connaissance de soi, la prise de décision, la communication. Cela valorise énormément les personnes quel que soit le handicap dont elles sont porteuses. La particularité du sport que je pratique, c’est qu’il n’y a jamais de mise en échec. Le moindre progrès doit être valorisé. » Qu’entendez-vous par sport adapté ?

« Cela veut dire que je m’adapte à toutes les situations et à chaque pratiquant : ses capacités, ses envies, son humeur, sa forme du moment, mais aussi à l’environnement. Je vis cela comme un échange, un partage.»

Cela concerne quels sports ?

« Ils peuvent pratiquer au choix à raison de deux fois 1h30 par semaine, football, basket, handball, volley, tennis… J’essaie de leur apporter une ouverture sur des sports moins connus. L’an dernier, ils ont choisi le cerf-volant qui leur convient y compris aux non-voyants. Ils ont beaucoup apprécié. Nous allons pratiquer du montain board, que nous avons testé l’an dernier avec succès et poursuivre l’activité basket qui a leur préférence. Nous concrétisons des partenariats en interne avec le CAJ d’Épône, la SAS d’Ecquevilly, ainsi qu’avec des établissements extérieurs, comme avec le foyer de vie de Villepreux, l’IME de Rosny. C’est une ouverture pour eux. Ils voient de nouveaux visages, ça les change de leur cadre habituel. Nous participons à des compétitions natation, tennis de table ou pétanque. Une fois par an, nous allons aussi au restaurant, un moment de convivialité très apprécié. Après l’effort le réconfort.»

Est-ce qu’ils peuvent pratiquer des sports de Combats ?

« Oui ils apprennent à faire des katas de judo ou de karaté. Ils s’exercent à taper sur des sacs de frappe. Physiquement cette pratique fait monter le rythme cardiaque. Ils prennent le sac de frappe comme quelque chose de négatif. Cela les aide à évacuer un problème. Leur énergie se libère et ils sont détendus après la séance. »

Quelles sont les difficultés que vous rencontrez ?

« Le plus diffcile, c’est de garder la motivation. Comme c’est une activité libre, si je les pousse un peu trop dans le dépassement de soi ou s’ils sortent un peu trop de leur zone de confort, ils peuvent décider ne plus revenir. Mais je sais jusqu’où je peux les emmener sans leur faire peur. Il faut doser, sinon on les perd. Je les valorise tout le temps, je leur donne confiance en eux. Je suis comme un coach tant physique que mental. En tous cas, j’essaie de conserver la notion de plaisir. Ma plus grande satisfaction c’est de voir qu’ils progressent et qu’ils s’épanouissent à travers le sport. »

ZOOM

Isabelle Dahlab : rêve de lingère

Isabelle Dahlab habite Ecquevilly depuis 1979. C’est avec le sourire aux lèvres qu’elle nous reçoit à la lingerie de la Maison d’accueil spécialisé, son nouveau lieu de travail. Elle a exercé le métier de femme d’entretien à la MAS d’Ecquevilly pendant 11 ans et rêvait de devenir lingère. Le départ en retraite de sa collègue a permis à Isabelle de postuler pour en n concrétiser ce qu’elle appelle « son rêve ». Pourquoi elle apprécie son nouveau métier ? « J’adore mes missions de lingère, car je suis en contact avec les résidents, je vais les voir dans leur chambre pour récupérer leur linge. Cela nous permet des échanges très chaleureux,» nous con e-t-elle. « Nous nous chargeons de laver serviettes, dessus de lit, taies d’oreillers, couvertures, pulls fragiles et leur petit linge, tout ce qui n’a pas besoin d’être repassé. Le reste de leur linge, notamment les draps, est envoyé à la laverie de l’ESAT d’Ecquevilly ». Une fois lavé, le linge est redistribué le soir dans chaque chambre. « J’aime le travail bien fait. Je plie le linge propre et je le range dans les armoires des résidents. Je vois dans leurs yeux qu’ils sont heureux de m’accueillir. Et ils n’oublient jamais de nous dire bonjour, » ajoute Isabelle, ère de la reconnaissance de son travail par les résidents. « Ce qui me touche, c’est leur ouverture, leur gentillesse. Ils viennent vers vous et s’ils pouvaient, ils nous prendraient dans leurs bras. Ce sont un peu comme nos enfants. On les appelle par leur prénom. » Mariama qui travaille à mi-temps à ses côtés, est également d’accord pour dire que « c’est un bonheur les échanges avec les résidents ». Il faut dire qu’elles sont aux petits soins. Chaque vêtement est marqué à leur nom, cousu à la main par Isabelle a n de repérer le linge. Et puis, il y a le plaisir de travailler dans des locaux avec du matériel neuf. « Nous avons une vraie lingerie qui date de tout juste deux ans. Nous comptons cinq machines à laver, trois sèche-linge qui tournent sans arrêt dès sept heures du matin. Cela ne désemplit pas. » Avec sa collègue, elles travaillent en autonomie « comme le travail est bien fait, on nous fait con ance », constatent-elles. Les livraisons par l’ESAT d’Ecquevilly ont lieu le mercredi. Elles connaissent et apprécient leurs collègues lingères de l’ESAT ainsi que celles du Foyer de vie. Toutes ces petites mains d’or, lavent, plient, rangent, cousent, et serrent aussi d’autres mains, celles des résidents heureux de les voir passer dans leur quotidien. Elles s’occupent si bien d’eux !

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FINANCEURS

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