Lettre n°16

À LA UNE

Création d’une unité d’enseignement en maternelle UEMA aux Mureaux

Une classe maternelle va ouvrir aux Mureaux, pour l’accueil de sept enfants autistes. C’est la deuxième unité créée dans les Yvelines, après celle d’Élancourt.

La scolarisation des enfants en situation de handicap en milieu ordinaire est un enjeu de société. Il s’agit non seulement d’offrir la possibilité à ces enfants de suivre des apprentissages adaptés à leurs besoins mais aussi d’évoluer au contact d’autres enfants dans une logique d’inclusion. Cela s’inscrit dans le cadre du 3eme plan autiste (2013-2017), confirmé dans la stratégie nationale pour l’autisme (2018-2022) et se décline dans sa mise en œuvre dans le plan stratégique régional de santé (PSRS). Cette unité d’enseignement en maternelle des Mureaux qui comprend 7 places, est donc la deuxième à ouvrir dans les Yvelines. Elle est rattachée au service d’éducation spécialisée et de soins à domicile, le SESSAD André Larché, géré par Handi Val de Seine.

Cette création est réalisée en partenariat étroit avec l‘Éducation nationale, l’Agence régionale de santé (ARS), la MDPH, la ville des Mureaux et Handi Val de Seine. L’unité s’adresse aux enfants qui ont trois ans dans l’année scolaire 2018-2019 et qui sont atteints de troubles du spectre autistique. Ce sont des enfants qui ne sont pas en capacité d’intégrer un milieu ordinaire, y compris avec une aide à la vie scolaire, parce que leurs troubles sont trop importants. L’objectif de ces unités d’enseignement en maternelle est que cet accompagnement précoce de 3 à 6 ans puisse permettre une amélioration conséquente de la sociabilité et de l’apprentissage afin que ces enfants, après trois ans de classe maternelle, intègrent le CP avec ou sans soutien complémentaire. « Même si nous ne sommes pas encore au bout du processus des trois ans pour l’UEM d’Élancourt, l’expérience montre déjà que les enfants ont fait des progrès de socialisation, de comportement et d’adaptation », explique Brigitte Lacoste, la chef de service du SESSAD. La classe, avec une enseignante spécialisée, favorise les apprentissages scolaires dans le cadre du programme de l’Éducation nationale : s’approprier le langage, découvrir l’écrit, devenir élève, agir et s’exprimer avec son corps, découvrir le monde, percevoir, sentir, imaginer, créer… L’UEMA offre en plus un accompagnement médico-social avec une équipe qui intervient sur place : un psychomotricien, un orthophoniste, des éducateurs spécialisés ou éducateurs de jeunes enfants, un psychologue, un médecin psychiatre… Ces postes sont financés par l’Agence régionale de santé (ARS). Un projet personnalisé de scolarisation ainsi qu’un projet d’accompagnement individualisé est construit avec les parents. C’est à partir de ces projets que la classe s’organise avec l’enseignante, en tenant compte des besoins des enfants. Elle est la coordinatrice du projet de scolarité de l’enfant, en accord avec l’équipe médicosociale. Le projet de soin vient en soutien de la scolarité. Le SESSAD est le garant de la réussite du projet global de cette unité d’enseignement. Il faut préciser qu’une unité « Troubles du spectre autistique » (TSA) pour 13 enfants a ouvert au sein du SESSAD en mai 2017, ce qui démontre son expertise dans le domaine de l’autisme et du travail partenarial avec les enseignants et les familles.

Une ouverture prévue après les vacances

Une ouverture progressive est prévue après les vacances de la Toussaint. La ville des Mureaux a mis à disposition trois salles de classes au sein de l’école maternelle du groupe scolaire Jean Jaurès et a pris en charge les travaux de rénovation spécifiques et adaptés : sol souple, protection des radiateurs en fonte, vitres basses en plexiglass épais, , création d’une salle de douche cloisonnée… « Nous avons une réelle volonté politique d’ouvrir cette classe pour enfants autistes qui est une, nécessité sur notre ville. Nous sommes pour ce projet à 100%, » explique Luis Sainz, l’adjoint au maire chargé de la vie scolaire. Pour lui, les chiffres parlent d’eux-mêmes : les enfants avec troubles autistiques représentent 2,8% des enfants scolarisés sur la commune.

Quels sont les criteres d’admission ?

Les dossiers sont sélectionnés par une commission qui regroupe des médecins de la MDPH et différentes structures qui suivent les enfants : CAMSP, SESSAD, PEDIATED, ARS, DITSA, Education Nationale. Il faut que l’enfant soit né en 2015, que les troubles dont il souffre soient suffisamment « sévères » pour empêcher une scolarisation, y compris avec une auxiliaire de vie sociale et que le diagnostic ait été posé par un centre spécialisé. Cette orientation UEMA est alors proposée aux familles. Pour intégrer cette unité enseignement maternelle autisme, les enfants doivent obligatoirement habiter dans les Yvelines à moins de 30 minutes de transport des Mureaux. Les 7 enfants sélectionnés suivront la classe pendant trois années. Ce projet s’inscrit dans une dynamique associative pour répondre aux besoins identifiés d’enfants présentant des troubles du spectre autistique sur le territoire. Il valorise la co-construction d’actions déjà mises en œuvre avec les professionnels des secteurs médico-sociaux, sanitaires et de l’Éducation nationale. Sa concrétisation va redonner espoir aux familles qui se trouvaient le plus souvent, sans solution.

Brigitte Lacoste, chef de service au SESSAD

« Le travail avec les familles est primordial. L’une des forces du projet, c’est qu’au moment de l’ouverture de cette unité, une formation de dix jours réunit les professionnels et les parents sur les questions de l’autisme. Notre objectif est de les associer dès le départ au déroulé de la scolarité de leur enfant, d’avoir un socle commun de connaissances sur l’autisme et de recueillir leurs attentes. »

ZOOM

Partenaires solidaires avec la ville d’Aubergenville

Nous avons engagé depuis un an, un partenariat avec la ville d’Aubergenville et son service d’action sociale. Elle nous avait invités à participer à son premier forum de la solidarité, au sein duquel nous nous étions fait remarquer grâce à la présence de nos résidents venus présenter leur travail au sein d’ateliers percussion, chant, mais aussi théâtre. Ce partenariat se poursuit, cette année encore, par notre présence au sein de la Fête de la solidarité le 13 octobre, avec notamment la prestation de notre groupe de musique du FAM de Limay, le Crazy music band ainsi que l’initiation au jeu de boccia par la MAS d’Ecquevilly. Mais cette collaboration va bien au-delà. La ville dans le cadre de son projet « Aubergenville ville solidaire » a été l’initiatrice de l’intervention d’une vingtaine de partenaires qui travaillent au bénéfice de personnes souffrant de handicap, de personnes âgées, dans le secteur de la santé du médico-social ou humanitaire, secourisme national ou international… Cela débouche sur la mise à disposition de locaux afin d’offrir la possibilité de lancer des permanences d’aides solidaires. En ce qui concerne Handi Val de Seine, à travers le centre d’accueil de jour (CAJ), situé au sein de notre plateforme de services d’Epône, nous proposerons des services centrés sur le thème de la valorisation de l’estime de soi, avec des activités fondées sur le bien-être. Le projet qui s’inscrit dans le contexte de l’accompagnement global des personnes accueillies au CAJ, reste encore à définir, mais la proposition serait autour de la beauté : manucure, soins du visage, relaxation, massages… effectués par une esthéticienne. La ville est prête à nous mettre à disposition gratuite, trois salles de la Maison des associations, avec un planning précis à respecter et à partager avec d’autres partenaires de la solidarité. Ces ateliers devraient démarrer en décembre. Ce n’est qu’un début, nous envisageons de proposer d’autres permanences qui seront ouvertes au public touché par le handicap. Une belle illustration de la concrétisation sur le terrain d’actions de solidarité.

Questions à

Hélène Alfier

ENSEIGNANTE DE L’UEMA

Comment avez-vous été nommée enseignante spécialisée pour l’unité d’enseignement maternelle qui ouvre aux Mureaux ?

Je suis enseignante spécialisée depuis 11 ans avec une expérience, en IME pour enfant et adolescents autistes, comme ici avec un SESSAD rattaché. J’ai participé à l’ouverture d’une UEM en 2014 dans le Val d’Oise où j’ai eu l’opportunité de remplacer une enseignante. Cette expérience, m’a beaucoup plu et j’espérais qu’un jour je puisse avoir un poste similaire. J’ai demandé à changer de département pour aller dans les Yvelines. J’ai eu la chance que cela soit accepté et en plus, il y a eu un appel à candidature de l’Éducation nationale, j’ai postulé et j’ai été retenue.

Pourquoi avez-vous souhaité vous spécialiser ?

Le monde du handicap m’a toujours attirée. Je me sens à l’aise avec ces enfants. J’ai dans ma famille des cousins qui sont porteurs de handicap, j’ai grandi dans cet environnement. C’est la raison pour laquelle j’ai souhaité passer un diplôme supplémentaire au sein de l’Éducation nationale qui s’intitule le CAPA-SH* , une formation généraliste. Dans le cadre de l’ouverture de l’UEMA* , je vais bénéficier d’une formation obligatoire spécialisée sur l’autisme, Formavision, avec l’équipe du SESSAD et les familles.

Vous êtes dans quel état d’esprit avant l’ouverture de la classe ?

Nous sommes tous très pressés que l’UEMA puisse ouvrir car nous avons plein d’idées en tête et plein de projets. Nous avons hâte de faire connaissance avec l’équipe et les enfants le jour de la rentrée, prévue après les vacances de la Toussaint dans le groupe scolaire Jean Jaurès.

Quel est le lien avec le SESSAD ?

C’est une collaboration qui a commencé bien en amont de l’ouverture. Nous avons pensé ensemble les aménagements, les outils… Je suis coordinatrice de projet, c’est-à-dire que je suis là aussi pour harmoniser toutes les pratiques, pédagogiques et celles des éducateurs, du psychologue, du psychomotricien, de tous les partenaires au sein de l’UEMA pour les apprentissages. Nous allons collaborer également pour toutes les évaluations des enfants. C’est très riche, nous sommes des personnes de formations très différentes, avec parfois même une vision différente. Chacun apporte ses compétences et son expérience pour faire avancer le projet co-construit. De mon côté, je dois suivre les programmes de l’Éducation nationale, mais l’enjeu commun c’est qu’au bout de ces trois ans de maternelle, ils puissent intégrer un CP ordinaire, soit seul ou avec une aide à la vie scolaire (AVS), en fonction de leurs capacités.

* Certificat d’aptitude professionnelle pour les aides spécialisées, les enseignements adaptés et la scolarisation des élèves en situation de handicap * Unité d’enseignement maternelle autisme

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