Lettre n°17

À LA UNE

Projet d’ouverture D’UNE PLATEFORME DE DIAGNOSTIC AUTISME DE PROXIMITE (PDAP)

Le 3ème plan autisme 2013 – 2017 dont un des 5 axes est « Diagnostiquer et intervenir précocement» prévoit 3 niveaux de repérage et de diagnostic :

  • niveau 1 : réseau d’alerte (repérage des troubles par les professionnels de la petite enfance)
  • niveau 2 : un réseau de diagnostic simple
  • niveau 3 : un réseau de diagnostic complexe s’appuyant sur le Centre de Ressources Autismes (CRA) associé à une équipe hospitalière d’un CHU.

Le projet concerne la structuration du niveau 2. Il s’agit d’assurer les diagnostics pour les cas simples d’autisme, l’accompagnement des familles et l’articulation avec les centres CDE (Centre de Diagnostic et d’Evaluation autisme) pour enfants. L’enjeu est de diminuer les délais d’évaluation et de diagnostic et construire un maillage territorial facilitant l’accès au diagnostic.

Cette plateforme consiste en l’association de plusieurs partenaires d’un même territoire décidés à mettre en synergie.. leurs compétences pour assurer les évaluations diagnostiques des enfants présentant des troubles du spectre de l’autisme. Ce dispositif d’orientation et de prise en charge rapide de proximité repose sur une équipe pluridisciplinaire et pluri-institutionnelle. Il sera porté par notre CAMSP en partenariat avec le CMPP de Vernouillet de l’association AMPP VIALA en lien avec les secteurs de psychiatrie infanto-juvénile du nord des Yvelines. Il s’adressera aux enfants âgés de 0 à 6 ans pour lesquels des signes d’alerte ont conduit à un repérage. 

 

Les financements proviennent de l’ARS et du département des Yvelines à hauteur respectivement de 80 % et de 20 %

Autour d’une équipe comprenant les professionnels suivants : Pédopsychiatre coordinateur, Pédopsychiatre, Neuro pédiatre, Assistant de service social, Assistante administrative, Neuro psychologue, Psychomotricien, le service aura pour mission de confirmer ou d’infirmer le diagnostic, de proposer un projet de prise en charge immédiate sans attendre que le diagnostic soit finalisé, d’orienter vers les centres de diagnostic experts (CDE) les cas complexes, d’assurer l’accompagnement des familles (annonce, soutien psy..) et de participer à la sensibilisation et à la formation des acteurs locaux.

Les partenaires seront mobilisés dans l’objectif de construire un maillage territorial autour des acteurs non spécialisés: la médecine de ville, tous les intervenants de la santé, les professionnels de l’éducation nationale et ceux de la petite enfance, autour des ressources spécialisées: consultations neuropédiatriques, CMP, CMPP, partenaires de soins somatiques spécialisés TSA…, du CRAIF et les CDE, de la MDPH et des intervenants de prise en charge précoce. L’association est actuellement mobilisée pour approfondir et formaliser le travail dans le cadre de ce partenariat.

Questions à

Nathalie Lepage

ergothérapeute

POURRIEZ-VOUS NOUS PRÉSENTER LE MÉTIER D’ERGOTHÉRAPEUTE ?

L’ergothérapeute intervient dans la rééducation aussi bien des fonctions physiques dé citaires que des fonctions cognitives perdues ou endommagées suite à des traumatismes du cerveau. L’ergothérapeute travaille pour la récupération du langage, de l’écriture, de la lecture, de la mémoire, des repères dans le temps et l’espace… Pour cela, il utilise des jeux, des activités manuelles, des techniques de relaxation, a n que le patient travaille ses dé ciences tout en prenant du plaisir et trouve un sens à sa rééducation. Il faut être inventif, pratique, humble, car on ne peut pas tout «réparer». La psychologie alliée à l’humour prend alors le relais a n d’aider le patient à admettre son handicap.

Si des lésions persistent et que le patient doit repartir à domicile, reprendre son travail, l’ergothérapeute aura un rôle essentiel dans la réadaptation du patient à son environnement. Tout doit être aménagé pour permettre le maintien ou la récupération d’un maximum d’autonomie. C’est lui qui proposera les aides techniques nécessaires à ce maintien.

DEPUIS COMBIEN DE TEMPS L’ERGOTHÉRAPIE EST-ELLE PROPOSÉE AU SEIN DE HANDI VAL DE SEINE ?

Je travaille depuis septembre 2008 pour l’association, et depuis cette date il y a toujours eu des ergothérapeutes dans ses établissements.

À QUI S’ADRESSE L’ERGOTHÉRAPIE ?

Aux enfants, adultes, personnes âgées, qu’ils soient en situation de handicap physique ou psychique ou avec des pathologies associées telles que les polyhandicaps. L’ergothérapeute est une aide auprès des familles, il conseille, aménage pour que les retours à domicile se passent le mieux possible.

QUELS SONT LES BÉNÉFICES POSSIBLES POUR LE PATIENT SUITE À UNE CONSULTATION ?

D’être content de lui, de pouvoir quanti er lui-même ses progrès, d’avoir eu une relation duelle pour lui seul sans les contraintes de l’institution, d’avoir pu évacuer des tensions éventuelles soit par la snoezelen, soit par l’écoute attentive de son ergothérapeute.

QUELLES EN SONT LES PRINCIPALES ACTIONS AU QUOTIDIEN ?

Des prises en charge individuelles. En ce qui concerne le FAM, mon champ d’actions est bien plus vaste puisque je suis partie prenante du Crazy Music Band, le groupe de musiciens et chanteurs en situation de handicap, je participe aux répétitions des concerts et en suis la présentatrice. De plus, tous les mercredis après-midi j’anime un groupe de marche nordique d’une douzaine de personnes. Il permet non seulement un entretien physique mais au contact de la nature, encourage une cohésion, un apprentissage de la solidarité. Pour une personne présentant des traits autistiques faire preuve d’empathie et d’attention vis-à-vis de ses semblables est hors d’atteinte la plupart du temps… et bien la marche nordique le permet, et l’entraide est de mise. Ce sont ces personnes endurantes physiquement mais en difficulté psychique, qui se mettent à la vitesse du plus faible et qui l’aident par la parole à avancer. C’est une très belle expérience à chaque fois.

COMMENT SE MESURE L’EFFICACITÉ DU TRAVAIL D’ERGOTHÉRAPEUTE ?

Aux sourires et à la confiance que lui témoigne son patient. Plus prosaïquement, une personne qui ne parlait pas et qui se met à essayer de s’exprimer et qui réussit à se faire comprendre, c’est une mesure de l’efficacité de l’ergothérapeute… mais là encore l’humilité est de mise, et le patient donne bien souvent des leçons de vie à son thérapeute…

QUELLES SONT LES DIFFICULTÉS PRINCIPALES AUXQUELLES DOIT-IL FAIRE FACE ?

Dans les institutions, l’ergothérapeute est souvent l’empêcheur de tourner en rond. Il remarque la mauvaise installation du patient, la rectifie, oblige à suivre ses préconisations, les protocoles qu’il met en place, à utiliser des matériels comme les lève-personnes qui protègent les dos des soignants, mais qui prennent plus de temps dans les manœuvres… Ca va tellement plus vite de prendre à bras le corps le patient ! Mais c’est dans un objectif d’amélioration pérenne.

QUELLE EST LE RÔLE DE LA FAMILLE DANS LA THÉRAPIE ?

Ce sont avant tout des partenaires, avec lesquels on discute pour trouver la juste action. Ils détiennent l’histoire du patient et pour faire correctement son travail, il faut la connaître, toujours pour s’ajuster au mieux dans la relation et dans la rééducation qu’on va proposer et mener. La famille est tout aussi en sou rance que le patient. L’ergothérapeute devra en tenir compte, et avancer au rythme du deuil qui se fera progressivement, d’un être aimé en plein force de l’âge, soudainement diminué, d’un enfant ou d’un adulte qui ne sera jamais dans la norme…

Maintenant qu’est-ce que la norme ?… Michel Audiard disait que pour laisser passer la lumière, il faut être un peu fêlé… il suffit de le savoir pour le vivre sereinement et surtout pour ne mettre aucune étiquette sur personne… On peut ainsi avoir un regard neutre et être avec la famille la pierre angulaire d’une bonne rééducation.

ZOOM

Contrat d’objectifs et de moyens

Le CPOM et ses annexes ont été présentés au Conseil d’administration le 29 novembre 2018. La délibération a été prise d’autoriser le président à le signer.

Néanmoins le conseil a souhaité que soit notées dans la délibération des réserves concernant l’atteinte de l’activité (cible à 100 % et nombre d’actes par jours xé à 8 pour le SESSAD TSA incompatibles avec une qualité d’accompagnement) et la responsabilité des déficits (non prise en compte de l’écart entre le taux directeur et le taux d’inflation ainsi que les effets GVT au-delà du taux directeur, les crédits de remplacement pour palier à l’absentéisme moyen lié à la maladie et aux AT dans les 2 MAS)

Le contrat dé nit pour 5 ans les engagements réciproques à appliquer et à respecter. Il liste 9 objectifs partagés et les engagements conjointement validés issus des orientations régionales, départementales et associatives. Il précise les moyens financiers du contrat pour chacune des autorités de contrôle et de tari cation (ATC) pour les établissements et pour le siège. Il détaille les principes de gestion budgétaire et financière et notamment les modalités d’affectation des résultats et indique les modalités de suivi du contrat et de contrôle par les ATC.

Les 9 objectifs sont matérialisés autour des axes suivants : participation à la mise en œuvre de la réponse accompagnée pour tous, accès aux soins des personnes accompagnées et prise en compte de l’avancée en âge, renforcement des coopérations sur le territoire, adaptation des agréments, optimisation de l’organisation administrative et financière, dynamisation de la politique RH dans une recherche de qualité d’accompagnement et de performance.

Des avancées ont néanmoins été apportées au SAVS (nombre de personnes accueillies passant de 160 à 120 et renfort du temps de psychologue), au CAJ (maintien d’un taux d’occupation à 90 %) et sur les 2 MAS (rééquilibrage des groupes pour augmenter le budget du personnel par redéploiements internes et apport de ressources externes du SAMSAH et du FAM).

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FINANCEURS

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