Lettre n°9

À LA UNE

Différent et compétent, un dispositif qui rend heureux

L’ESAT D’ECQUEVILLY S’EST LANCÉ DANS UN DISPOSITIF DE FORMATION QUI PERMET AUX TRAVAILLEURS DE FAIRE RECONNAITRE LEURS COMPÉTENCES

Des travailleurs qui vous reçoivent avec le sourire, qui s’entendent bien entre eux, qui aiment ce qu’ils font, qui donnent le meilleur d’eux-mêmes… vous en connaissez beaucoup des entreprises qui peuvent se vanter d’un tel résultat ? C’est en tout cas l’état d’esprit qui règne au sein de l’Établissement de service et d’aide par le travail (ESAT) d’Ecquevilly. Le disposif national « Différent et compétent » qui est appliqué depuis plus d’un an ici, renforce encore plus cette motivation. « Ce qui m’a plu dans cette formation c’est qu’elle s’adresse à tous les travailleurs, quels que soient leurs niveaux, qu’ils soient à la plonge, à la caisse de la restauration ou à la blanchisserie… Tous peuvent faire reconnaitre leurs compétences en tant que travailleurs, s’ils le souhaitent et pas uniquement les plus performants, » explique Florence Tourland-Gicquel, la directrice de l’établissement. Pour valider leur formation, ils doivent passer un oral devant un jury composé de représentants de l’entreprise, de professionnels du secteur médico-social et de représentants de l’organisme certificateur (agriculture, travail ou éducation nationale).

Il reconnaît les compétences présentées par rapport aux attendus des référentiels des métiers.

À l’issue de la présentation, il est proposé aux travailleurs une mise en perspective et des orientations qui les engagent dans une évolution professionnelle. Cela peut permettre des rapprochements entre établissements, la mutualisation de moyens et de réseaux.

Huit travailleurs ont déjà validé leurs compétences

Depuis que l’ESAT d’Ecquevilly s’est lancé dans ce dispositif, ils sont huit travailleurs à avoir pu valider cette formation, d’autres devraient suivre dans les années à venir. Ils étaient quatre à la session de juin 2016 : Nelson et Pascal à la restauration et Ludovic et Cyril pour leurs travaux paysagers et quatre également pour celle de janvier 2017. « C’est très valorisant pour les travailleurs et c’est une vraie reconnaissance de la qualité de leur travail, » précise la responsable de l’ESAT. Pour la session de janvier 2017, ils sont deux à la restauration, Patrice pour son fondant au chocolat, Yassim qui tient la caisse du self et deux à la blanchisserie, Virginie pour le tri et du linge et Jean- Michel pour le rangement du linge dans les casiers en détachement chez un client. Les moniteurs aussi sont formés pendant six mois. Ils bénéficieront tous à terme de cette formation. Cette dynamique créée au sein de l’établissement donne envie à tous les travailleurs de bien faire pour être reconnus compétents !

 

 

 

 

VIRGINIE

46 ANS TRAVAILLE À LA BLANCHISSERIE DE L’ESAT DEPUIS 20 ANS

« Je suis heureuse d’avoir obtenu mon diplôme « Différent et compétent », parce que maintenant j’ai le droit d’encadrer du personnel. Et je suis fière aussi car mes deux soeurs ont leur BAC et moi je n’avais jamais eu aucun diplôme. Maintenant, j’en ai un moi aussi. Je m’occupe du tri du linge et je fais démarrer les machines. J’ai le souci de bien faire mon travail. Cela représente entre 300 à 400 kg de linge par jour. Nous sommes une équipe de 20 personnes et on s’entend très bien. On se plaît ici. »

CÉCILE

MONITRICE À LA BLANCHISSERIE DEPUIS 21 ANS

« Avec le dispositif « Différent et compétent », j’ai pu bénéficier d’une formation de six mois. Je me suis rendue compte que les travailleurs connaissaient leur travail sur le bout des doigts. J’ai confiance en eux, je peux les laisser faire seuls ce qui me permet de me détacher de la production. Ainsi, je peux me consacrer pleinement à l’apprentissage des nouveaux arrivants. Ce qui me plaît c’est le côté relation humaine qui est primordial. Ici pas de chamailleries, ni de méchanceté entre eux. Le choix s’est porté sur Virginie parce qu’elle devait à la fois montrer son travail et savoir en parler, l’expliquer lors d’un oral devant un jury. Elle a donc bien répondu aux questions. Je savais de quoi elle était capable. Moi aussi je suis fière d’elle et maintenant, ils veulent tous faire comme elle. Jean-Michel, qui est ici depuis quatre ans, a lui aussi obtenu son diplôme à 23 ans. Il est heureux d’avoir réussi, il a le sourire, il chante tout le temps. Il est détaché de la blanchisserie de l’ESAT au foyer d’Hardricourt mais fait partie de notre équipe également. »

Questions à

Monique Poccard-Chapuis

VICE-PRÉSIDENTE DE HANDI VAL DE SEINE SYNDICAT INTERCOMMUNAL. ELUE À LA COMMUNE DE MÉZY-SUR-SEINE, ADJOINTE AUX AFFAIRES SOCIALES

Quel est le rôle d’une vice-présidente ?

« Je suis déléguée et élue au sein du syndicat intercommunal, dont le rôle est de construire des établissements pour des personnes atteintes de handicap. En tant que vice-présidente, je suis toutes les réunions de chantier pour m’assurer du bon déroulement des travaux et du respect de l’enveloppe budgétaire. Nous avons des obligations par rapport aux appels d’offre en tant qu’établissement public de coopération intercommunal (EPCI). Comme vice-présidente du syndicat intercommunal et de l’association de gestion, mon rôle est de maintenir la ligne directrice pour que nous soyons tous sur la même longueur d’onde. Je suis également chef de protocole et j’organise toutes les manifestations avec l’aide de l’équipe du syndicat intercommunal, comme l’an dernier, l’inauguration de la résidence accueil de Follainville-Dennemont. Pour ce qui est de mon rôle au sein de l’association de gestion, je laisse une totale liberté aux directeurs pour gérer leurs établissements comme ils l’entendent en respectant les objectifs. »

Quelle est la philosophie du syndicat intercommunal ?

« Construire pour aider la personne handicapée, dans la bonne humeur et le confort. J’ai été élue en 1995. Après toutes ces années, Handi Val de Seine est devenue pour moi une belle aventure humaine, une véritable passion. En tant qu’infirmière, j’ai toujours eu la vocation d’aider les autres, être proche des malades ou des gens dans le besoin. J’applique ça au quotidien. »

Quels sont les enjeux pour les années qui viennent ?

« Nous avons des projets ambitieux, comme la reconstruction d’un foyer d’hébergement et d’un foyer de vie à Hardricourt. Je déplore néanmoins qu’entre la décision d’un projet et sa sortie de terre, il faille compter dix ans, c’est trop long. Cela n’est pas de notre fait, hélas. Mais comment faire autrement ? Le foyer d’hébergement ne répond plus au besoin actuel d’avoir des chambres à deux lits, et les résidents ont besoin d’être logés dans de bonnes conditions afin de respecter leur intimité. »

Quel est votre voeu pour l’année 2017 ?

« Je souhaite que la première pierre du foyer d’hébergement soit posée le plus tôt possible. Ce serait un bonheur et une victoire pour nos résidents qui sont en attente des décisions de nos partenaires financiers. Aujourd’hui nous sommes 33 communes, nous sommes solidaires. D’autres sont les bienvenues pour nous rejoindre dans le combat pour le handicap. Nous ne serons jamais assez nombreux pour les aider. Depuis toutes ces années, j’ai pu observer un bilan exemplaire de l’action du syndicat intercommunal, complété par la gestion de l’association. Nous pouvons être fiers de ce beau bilan de 16 établissements et services. »

ZOOM

Un projet d’unité d’enseignement maternelle autisme

Handi Val de Seine a en projet la création d’une unité d’enseignement maternelle autisme qui sera soutenue par le CAMSP des Mureaux. Il en existe une centaine en France dont une à Elancourt dans les Yvelines. Ces unités ont été créées dans le cadre du 3e plan autisme (2013-2017) qui vise une meilleure implication de l’ensemble des acteurs et un renforcement des coordinations éducation nationale et secteur médico-social, afin de faciliter l’inclusion des enfants avec troubles du spectre de l’autisme.

Les actions de soutien à la scolarisation le plus précocement possible ont pour but la réinscription des élèves dans un parcours au sein d’une école ordinaire. L’unité d’enseignement maternelle comprendra sept enfants de 3 à 6 ans dans une classe installée au sein d’une école maternelle et en lien avec notre établissement médico-social (CAMSP). Ces élèves sont présents à l’école sur le même temps que les élèves de leur classe d’âge et bénéficient d’interventions pédagogiques, éducatives et thérapeutiques qui se réfèrent aux bonnes pratiques de la Haute autorité de santé (HAS).

Ce dispositif innovant dans l’accom-pagnement des enfants met en oeuvre un partenariat avec l’Education nationale, la commune des Mureaux, l’Agence régionale de santé, les directeurs des établissements, les enseignants mais également les parents. Nous sommes en attente de l’appel à projet. L’Éducation Nationale a d’ores et déjà émis un avis favorable.

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FINANCEURS

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